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    November 30

    OPUS

     

                                                                                                                                                      

     

    OPUS

     

    Je n'étais qu'une enfant, prélude d'une vie
    Déjà cette passion m'habitait de tout mon être
    Mon cœur battait au rythme des mesures
    Mon âme s'exaltait au gré des tonalités

    Beethoven m'éveilla au sens profond de la musique
    À ce langage qui exprime l'inexprimable
    Le piano allait devenir mon exutoire, mon confident
    Amplifiant, dans un crescendo, mes passions et mes tourments

    Un jour, la fantaisie fit place à une sonate pathétique
    La maladie surgit tel un accord dissonant
    À travers ce Scherzo insoutenable, de longs soupirs
    Telle la voix brisée d'une cornemuse dans le torrent

    Ce mal, je sais, ne me quittera plus jamais
    Mais Dieu comprit ma souffrance, ma tristesse
    Me donna une famille, des amis à aimer
    Et la musique pour m'apaiser et pour oublier

    Je suis l'écho du hautbois chantant la nature
    Je suis ce violoncelle solitaire jetant son regard sur le monde
    Je suis ce long silence dont vous ignorez l'existence
    Je suis cette fugue en mineur dont on ne comprend pas le sens

    Vous qui me jugez, vous qui m'interprétez
    Quelle perte de temps pour ces choses futiles
    Ne comprenez-vous pas que la clé de mon univers
    Vous l'atteindrez vraiment par la musique

    Ma vie sera une longue symphonie
    Un hymne à la joie et à la bonté des hommes
    Ma vie sera une romance pour violon
    Aux contrastes et aux nuances infinis

    Quand l'adagio laissera place au Requiem
    Que les vents lanceront leur dernier souffle
    Et que les cordes vibreront de leurs dernières joies
    La musique m'habitera encore de son écho

    Musique, mon refuge
    Douce compagne de la solitude
    Musique, mon autre moitié
    Les mots sont vains quand le cœur écoute

     

     
    November 24

    UN JOUR ........................

     

     

     

     

     

     

     

    Un jour,

      

     

    La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle.
    Tous les invités y allèrent.

    Après le café la Folie proposa :
    On joue à cache-cache ?
    Cache-cache ? C'est quoi, ça ? - demanda la Curiosité.
    Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez.

    Quand j'ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera
    le prochain à compter.


    Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.

    La Folie commença à compter, 1, 2, 3,...
    L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.

    La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.

    La Joie courut au milieu du jardin.
    La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit

    approprié pour se cacher.

    L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière
    un rocher.

    La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.

    Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à
    quatre-vingt-dix-neuf.


    - CENT ! cria la Folie. Je vais commencer à chercher...

    La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu
    s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert.

    En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne
    sachant pas de quel côté il serait mieux caché.

    Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité...

     

    Quand ils furent tous réunis, la Curiosité demanda :
    - Où est l'Amour ?

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    Personne ne l'avait vu.

    La Folie commença à le chercher

    Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières, au pied des rochers.

    Mais elle ne trouvait pas l'Amour.

    Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois

    et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain

    elle entendit un cri.

     
     

    C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé les yeux.

    La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s'excusa, implora l'Amour pour
    obtenir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour
    toujours.
    L'Amour accepta les excuses.



    Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours.

     

     

     

     

     

    Excellente fin d'après - midi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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     © Médicis

     

     

    November 20

    LA JOURNEE DE L'ENFANT

     

     

     

     

     

     


    Tous les enfants ont des droits et ce sont les mêmes pour tous, dans tous les pays. Ces droits sont différents de ceux des adultes et c'est normal. Parce que tu n'es pas encore grand, tu as le droit d'être protégé, d'être éduqué, d'être aimé. Le 20 Novembre, c'est la Journée des Droits de l'Enfant. Une journée pour que ces droits soient respectés et que tous les enfants puissent grandir en paix.

     


    LA TRANCHE DE PAIN

    Un enfant seul,
    Tout seul avec en main
    Une belle tranche de pain,
    Un enfant seul
    Avec un chien
    Qui le regarde comme un dieu
    Qui tiendrait dans sa main
    La clé du paradis des chiens.

    Un enfant seul
    Qui mord dans sa tranche de pain,
    Et que le monde entier
    Observe pour le voir donner
    Avec simplicité,
    Alors qu'il a très faim,
    La moitié de son pain
    Bien beurré à son chien.

    (M. Carême)


     

     

     

     

    November 17

    LE PRELUDE OU RICHESSE DE L'ECHEC

                                                           

     

     

     

    Les applaudissements se sont tus !

    Noir...

    D’encre, profond, impénétrable.

    C’est à lui, aucun doute !

    Entrer dans la lumière...

    Cette douce main sur son épaule, c’est Célia.

    Elle voudrait le calmer, l’apaiser...

    Sa voix se veut rassurante, mais est remplie de trémolos...

    Comme les arpèges qu’elle lui fait répéter depuis tant d’années.

     

    « Laisse-toi aller... Aujourd’hui tu t’appelles Sergei !

       Tu joues libéré, sans contrainte, avec ton cœur !

       Cette musique fait partie de toi. Tu la sens !

       Ne pense à rien d’autre...

       Et  merde ! Tu vas leur foutre le cul par terre ! »

     

    Il ne l’a jamais entendu parler de cette manière.

    Elle, toujours si douce, si réservée.

    Il faut croire que depuis quinze jours, elle a « la haine »...

    Encore plus que lui.

    En trois secondes, il revoit le film...

    Image par image.

    Travail de toute une année, sacrifice de tant de jours...

     

    Le choix du morceau, dès le début du mois de septembre.

    En concertation avec Célia.

     

    «  Ecoute... Tu es fort, sensible, expressif...

       Tu as un poignet puissant, tes mains sont grandes...

       J’ai pensé à ceci... »

     

    Elle appuie sur la touche du musicassette.

     

    «  Prélude en Do dièse mineur de S. Rachmaninov »

     

    Magique !

    Révélation !

     

    «  Ce sera beaucoup de travail, mais tu peux y arriver !

       A toi de voir... »

     

    A nous deux Rachmaninov !

    Le soir même, pendant des heures, il déchiffre.

    Note après note, accord après accord.

    Une mesure à la fois...

    Inscrire sur la partition le doigté le plus logique...

    En reparler demain avec Célia.

    Main gauche puis main droite.

    On essaie les deux...

    Tiens, la droite au dessus de la gauche ! Toutes les deux dans le même octave...

     

    « Waarf ! C’est quoi ce truc ? 

       Avec les oreilles, on ne fait rien ? »

     

    Pendant des semaines, c’est la galère.

    Il rame...

    Déchirée la partoche ! Claqué le couvercle du Steinway !

    Puis il recolle, vérifie qu’il n’a pas fait d’éclat dans le bois précieux...

    Et il s’y remet... Encore, et encore.

     

    « La réussite n’a de saveur qu’en regard du travail accompli pour y accéder. »

     

    Phrase écrite sur une fiche et posée contre le métronome...

    Tous les jours, le Prélude chante en lui.

    La nuit aussi parfois...

    Putain, ce qu’elle est belle cette musique !

     

    Mars : examen technique.

    Gammes, arpèges et exercices de vélocité.

    Tout baigne.

    Choisir ensuite « le » Bach.

    Ce n’est pas ce qu’il préfère, mais c’est obligatoire.

    C’est pareil chaque année, et il s’y est fait.

    Musique baroque : Bof bof...

    Si seulement Duke Ellington était dans le programme...

     

    Avril : le morceau imposé est arrivé !

    Il s’attend au pire...

    Bingo ! C’est pire que pire !

    Quasi indéchiffrable et aussi mélodique qu’un pet dans un entonnoir.

    Ce compositeur belge ne s’appelait pas Ludwig, mais il était sûrement sourd !

    C’est décidé, il ne retiendra pas son nom.

    Peut-être aurait-il dû ?

     

    La date du concours de fin d’année est enfin annoncée.

    On a placardé ça et là quelques affiches.

    Avec son nom en lettres grasses.

    Il n’aime pas trop ça, mais au moins ça épatera peut-être un peu les nanas...

    Quand on a dix-sept ans, on ne peut tout de même pas tout oublier pour la Musique !

    C’est sa dernière année d’Académie, et il concourt pour la médaille du Gouvernement.

    Pfft ! Quelle appellation !

    Comme si nos ministres étaient musiciens...

    Ça se saurait !

    Pourtant, cette médaille, c’est la voie royale pour entrer au conservatoire !

    Par la grande porte et avec tapis rouge dans l’entrée, s’il vous plait.

    Aussi, est-ce devenu une espèce d’obsession.

    Terminer premier de son degré, et récolter au moins nonante pour cent des points...

    Ensuite tous les rêves sont permis.

    Il a tellement travaillé, il n’ose pas imaginer, et pourtant...

     

    Le jour de l’examen, rien ne se passa vraiment comme il l’avait imaginé.

    Excès de confiance ? Manque de Chance ?

    Ou simplement coup d’arrêt du Destin ?

    D’entrée de jeu, cela commença mal.

    L’imposé...

    Deux hésitations, un temps d’arrêt au moment du changement de tonalité, bizarrement le seul endroit où le morceau devenait quelque peu mélodique...

    Et l’énervement qui s’en suivit...

    Au point de galoper sur le Bach, de l’exécuter sans âme.

    Grandes orgues remplacées par un triste piano mécanique !

    Sans une fausse note, certes, mais sans aucun sentiment non plus.

    Il redressa quelque peu la tête sur le Rachma’...

    Trop tard.

    Pour une fois, la délibération du jury lui parut courte.

    Célia se voulait rassurante.

     

    Douce Célia...

    Dépassée par ses sentiments !

    ...

     

    «  Et enfin, en  « Excellence B », ...

        Premier : Romeck  X. obtient la note de 88% ! »

     

    C’est quoi, cet étau qui l’empêche de respirer ?

    Et pourquoi ce plafond est-il occupé à lui tomber dessus ?

    Ecroulé château de cartes...

    Un courant d’air sans doute...

    Il vacille.

    Dans la salle, sa Maman pleure.

    Tant de travail...

       Pour 2 % ??? »

    - «  Mademoiselle calmez-vous ! »

     

     

    Ce soir, trois semaines plus tard, c’est le gala de clôture de l’année académique.

    Il doit ponctuer la soirée.

    Il va interpréter le Prélude...

    SON Prélude !

    Rien à gagner...

    Plus rien à perdre !

    Seulement la joie de le jouer comme il le ressent.

    Et la possibilité de leur montrer !

    L’énorme projecteur blanc s’allume, illuminant le piano à queue qui l’attend.

    Allongé, désirable au milieu de la scène.

    Ses mains sont transpirantes et glacées, mais elles ne tremblent pas.

    Dans la lumière blanche, des particules de poussières dansent en l’attendant...

     

    « Allez ! »

     

    Aux deux premiers pas rapides, succèdent des pas plus lents...

    Prendre son temps.

    Applaudissements.

    Profiter !

    Rester concentré...

    Il y a des moments comme ça dans l’existence, oh pas beaucoup, où un ange semble posé à vos côtés...

    A moins que ce ne soit la main du bon Dieu...

    Des soirs où tout semble accessible.

    Des instants où l’humble mortel sort de son enveloppe, pour atteindre le Nirvana...

     

    Il prend une longue et calme inspiration, pose d’abord les mains sur ses cuisses, et...

    La magie s’enclenche, le lapin sort du chapeau !

    Dès le premier accord plaqué, quelque chose se passe.

    A moins que ce soit quelqu’un...

    L’ange dont nous parlions tout à l’heure ?

    Rachmaninov revit, tandis que ses yeux se ferment.

    Les doigts trouvent seuls le chemin des touches, les notes prennent celui des âmes.

    La musique se fait bonheur, et tout le monde est mélomane.

    Au moment le plus rapide de l’œuvre, ses mains courent sur le clavier, sautillant par ci, ondulant par là.

    A cet instant, même s’il voulait s’arrêter, il ne le pourrait pas.

    Front penché.

    Cheveux bouclés secoués par saccades.

    Dernier accord.

    Il le tient aussi longtemps qu’il le sent vibrer au fond de son ventre, tête en avant, légèrement rentrée dans les épaules.

    Quand il rouvre enfin les yeux, la salle est debout.

    Son professeur aussi.

    Elle a des larmes plein les yeux...

    Encore !

    Une défaite n’est jamais définitive, l’échec n’est rien d’autre qu’un état d’esprit, il vient de le comprendre.

    L’acceptation d’une erreur passée, la remise en question, la Foi, peuvent à elles seules transformer cet échec en Victoire !

     

    Le concours raté n’était peut-être finalement qu’une mise en garde du Destin...

     

    Mais c’est une autre histoire...

     

     

     

     

     

    November 14

    LES ENSEIGNEMENTS DE MA MAMAN

     
     

                                                   

     

     

     

     

     

    02Plusieurs choses que ma maman m’a apprises :

    02Ma maman m’a appris : A apprécier un travail bien fait.
    "Si vous voulez vous tuer toutes les deux, faites-le à l’extérieur - je viens tout juste de terminer de nettoyer la maison !"

    02Ma maman m’a appris : La religion.
    "Tu ferais mieux de faire une prière pour que je parvienne à ôter cette tâche du tapis."

    02Ma maman m’a appris : Le voyage dans le temps.
    "Je n’attendrai pas jusqu’à
    la St Glinglin que vous vous comportiez correctement !"

    02Ma maman m’a appris : La logique.
    "Parce que j’ai dit que ce serait comme ça, voilà pourquoi."

    02Ma maman m’a appris : La prévoyance.
    "Assurez-vous toujours que vous portez des sous-vêtements propres, pour le cas où vous auriez un accident."

    02Ma maman m’a appris : L’ironie.
    "Continue à pleurer et je te donnerai quelque chose qui te fera vraiment pleurer"

    02Ma maman m’a appris le phénomène physique de : L’osmose.
    "Ferme ta bouche et mange ta soupe !"

    02Ma maman m’a appris : Le contorsionnisme.
    "Veux-tu bien regarder toute la saleté à l’arrière de ton cou !"

    02Ma maman m’a appris : L’endurance.
    "Tu resteras assise là jusqu’à ce que tes épinards soient terminés."

    02Ma maman m’a appris : La météo.
    "On dirait bien qu’un ouragan a ravagé votre chambre."

    02Ma maman m’a appris : L’hypocrisie.
    "Je te l’ai bien déjà dit un million de fois : n’exagère pas !!!"

    02Ma maman m’a appris : Le cercle de la vie.
    "N’oublie pas que c’est moi qui t’ai donné la vie et c’est aussi moi qui pourrai bien te l’ôter"

    02Ma maman m’a appris : Les modifications du comportement.
    "Arrête de te comporter comme ton père !"

    02Ma maman m’a appris : L’envie.
    "Il y a des millions d’enfants moins chanceux que vous dans ce monde qui n’ont pas de merveilleux parents comme les vôtres !"

     

     

     

     

     

     

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    November 09

    AU FIL DE LA NUIT

                                                    

     

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    J'aime la nuit comme un lit. Je m'y glisse , je m'y chauffe mais je ne me livre pas au sommeil mortuaire. Des draps de silence sur les épaules et juste cette larme de lumière pour que mes yeux me disent qu'il fait nuit.
    Le vent et la pluie enragent de mon bonheur. Je les remercie de me le rappeler. La nuit est encore plus chatte, l'hiver. Des grandes belles heures disponibles m'ouvrent leurs portes . Le jour est avare.; la nuit, généreuse.
    Elle me fait riche de temps gaspillé à révasser, à écouter le ruissellement d'un violon, à relire des textes frivoles, à laisser refroidir une tasse sur le bureau, à recevoir des fantomes de souvenirs...
    Je ne suis plus inquiète de mon insomnie, je la savoure comme une grâce de l'âge, comme un égoïsme exquis et innocent. Ne rien avoir à faire et sentir son corps couler sur le divan. N'avoir rien à dire et suivre sans hate les vagabondages de ses rêves... Ne rien avoir à penser que ces légèretés d'images qui m'effleurent comme des caresses... et puis, capituler dans les tendresses de l'inconscience, comme dans les bras d'un homme, apaisée et heureuse.

     

     

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