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    October 31

    ET VOUS ?

     

     

     

     

     

     

    Ce matin, pas une cigale sur mon oreiller .. Il m’est arrivé de penser que plus jamais il n’y en aurait.
    Et quand je dis au revoir à une jolie petite fille, elle me demande :
    _ Alors tu pars pour toujours ?
    _ Mais non, jamais je ne te quitterai !

    Et pourtant, toujours, j’ai au cœur cette cigale qui semble envolée à jamais.

    Cela peut paraître frivole, ou .. pas sérieux.
    Mais est-il réflexion plus sérieuse ou moins frivole que cette attente d’un toujours si cruellement marié à jamais ?
    Contre cette fatalité, j’ai pris la manière des gens du soleil qui se fredonnent avec l’accent de Fernand Sardou : Aujourd’hui peut-être .. ou alors demain !
    Et pas seulement pour la besogne qui te presse au premier coq du matin.. Non, pas seulement.
    Il y a ce que j’aime par dessus tout : la culture de l’espérance.
    A tant la fréquenter et en peaufiner les recettes, je lui ai campé un air de silhouette exquise et précieuse, qui irradie les instants rebutants, et bouscule les ténèbres. Oh, que j’aime !

    Tout cela pour vous dire que devant l’église, hier, il y avait un attroupement . On racontait que le service des "visas pour demain" était surchargé.
    Personne ne voulait entendre parler des "visas pour aujourd’hui".
    Des ambitieux évoquaient même un "après-demain" plus engageant.

    Le curé avait semé des graines de rébellion par son homélie toute dédiée aux préparatifs urgents auxquels chacun était convié, dans l’hypothèse d’un départ immédiat et sans préavis.
    Nous tous, frères et sœurs sur cette terre, devions nous préoccuper d’un visa en bonne et due forme, et sans perdre un instant.
    Cela relevait d’une philosophie autoritaire inadmissible, quand on venait, à peine, de saluer un défunt…

    Il faisait doux et, comme je m’amusais à dessiner des choses à la pointe de mon soulier, sur la terre qui n’en finissait pas de sécher, j’entendis un vieux monsieur derrière moi qui disait, à un copain, son contentement de n’être pas du tout pressé.

    _ Moi, on me bouscule pas . J’ai toujours été comme ça ! le boulot, il en faut ! mais sans exagérer. C’est pas faute de l’ avoir prévenu, mon pote ! Mais j’aurais chanté, c’était du pareil au même ! Il n’en faisait qu’à son idée, et toujours à cent à l’heure. Ben, le voilà arrivé ! il est bien avancé !
    Moi, je te l’dis, j’suis pas pressé…

    Beaucoup de ceux qui l’entouraient exprimèrent le vœu de réaliser leur plus beau rêve, avant d’entamer les démarches du visa en question.

    Le plus exigeant se voyait replantant, au-dessus de Soral, la vigne de chasselas doré qu’on l’avait contraint à arracher :
    _ .. il y a de ça huit ans … et quand je vous dis "huit ans", je vous parle pas des dix qui venaient avant, avec leurs tracasseries.. et j’vous parle pas des chasseurs qui me bousillaient les grappes avec des plombs comme ça, pour un capucin que ça faisait rigoler..
    _ Mais alors, pourquoi veux-tu la replanter, ta vigne ?
    _ Parce que j’ai pas dit mon dernier mot… et que si tu as goûté un jour au perlant de mon chasselas.. !

    Une dame, qui avait engrangé une grande moisson d’années et de raison, confirma que personne en ce monde ne devrait en partir sans avoir, au préalable, mis à profit tout son carnet de bal .

    Moi j’en étais encore à tutoyer mes cigales… Mon rêve de l’instant ? Il me tarabuste depuis longtemps.. si longtemps !
    Aujourd’hui, je viens vous le dire .

    Je ne voudrais pas postuler pour ce fameux visa, avant d’avoir descendu le Rhône, en péniche, depuis Genève jusqu’à la mer…
    Tout au long du rivage, nous irions sur les langueurs de l’eau. Encore que .. "langueurs" soit une vue de mon imagination. Peut-être à cause du Chélif de mon enfance qui vadrouillait, peinard, barbouillé de reinettes, de tortues et de vieux barbeaux .

    Quand j’étais adolescente, pour mes premières vacances en Métropole près de Poitiers, des cousins m’emmenèrent dans une promenade en barque, sur une petite rivière qu’on appelait, je crois, la Dive . Elle était peu profonde, et dans son lit, des cailloux miroitaient.
    Je n’ai pas souvenir d’y avoir croisé des tortues ou entendu des reinettes, mais , foi de moi ! ( je vous en prie, n’en doutez pas) , nous avons bel et bien doublé une petite embarcation dans laquelle somnolait une vache ! Il y avait aussi deux rameurs..
    Ce n’est pas un mirage ni le fruit d’une mémoire tortueuse. J’ai vu cette vache au fil de l’eau .

    J’étais très jeune, et au fur et à mesure que la berge défilait, d’ombres et de lumières confondues, je sentais s’éloigner derrière moi tout une brassée d’heures, de mois et d’années à jamais révolues, dans une rumeur insolite de clapotis et de claquements fugaces, qu’on aurait dits de prises de becs ou peut-être de poissons s’ébrouant contre les galets.

    Depuis ce temps-là, il m’est toujours apparu que partir, sur l’eau d’une rivière, équivalait à vous défaire d’une charge ou d’une page froissée de votre vie .

    Le rivage, qui glisse en même temps que votre petit navire, abandonne dans les herbes vos erreurs, vos leurres, vos tendresses volées, vos bijoux de pacotille.
    Il n’est rien de plus doux, de plus aimant, que le courant qui vous emporte.

    Alors, vous pensez bien ! Avant de produire toutes les paperasses nécessaires à l’obtention du "visa pour après- demain", je m’en vais prestement m’enquérir de cette fameuse péniche…
    Accostant à Beaucaire, je refuserai la diligence et je louerai une "pénichette" qui me conduira sur le canal du Rhône à Sète.. et alors, me faufilant au milieu des flamants , des taureaux, j’arriverai à la mer …

    C’est ici mon rêve. 
    Quel est le vôtre ? 

     

     

     

     

     

    October 26

    LA CHARNIERE DE NOS GRANDES REALISATIONS

     

     

     
     

                                                                 

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    J’éprouve toujours une pointe de chagrin à me réveiller avec, au coin de mon oreiller, la trace déjà passée d’une illusion grisante.

    Dans mon jardin à vivre, il en est une flopée que j’ai semée à la volée, comme ça, sans ordre et sans raison.
    Ce m’est une réelle volupté que de les voir pointer hors du labour, toutes vigoureuses, pas forcément vivaces, mais remontantes aux heures chaudes et jusqu’aux premières gelées.
    Après, il arrive qu’elles se fanent..

    Des fois, je me dis qu’il serait sage d’envisager un filet pour les garder des voraces qui les voudraient picorer. Ils sont myriades ceux-là, mais après tout, qu’importe ? Quand ils arrivent, j’ai engrangé le meilleur de mes moissons.
    Pourquoi vous racontai-je cela ?
    Ah oui !
    J’ai voulu jeter un coup d’œil à l’ herbier où j’avais serré quelques-unes des plus jolies roses de ma.. palmeraie. Eh oui ! tout n’est pas nécessairement logique dans un jardin sauvage. Mais si goûteux, si entêtant !

    A quinze ans, j’avais repiqué le germe d’un triomphe où le prof de maths était censé s’excuser d’avoir douté de moi .. Il allait jusqu’à me demander pardon d’une note minable..
    Hélas ! Ce fut là une illusion mort-née, sans avoir pris la manière de me faire une fleur.
    Avec les années, certaines de ses cousines de la même génération lui emboîtèrent le pas, sans plus de réussite.

    Heureusement, le temps est passé par là qui en prit quelques- unes sous son aile, leur conférant un je- ne –sais- quoi de subtil, d’irrésistiblement efficace et glorieux.

    Dans une année que je ne dirai pas ( il est bon quelquefois de voyager incognito) il me vint de faire tant et tant de charme à une illusion, qu’à la fin des fins elle succomba, rendit à Dieu son essence immatérielle pour tout de bon se convertir, se concrétiser à l’impromptu, et s’installer dans ma demeure, aussi tangible et virulente … aussi exigeante et tyrannique que n’importe quelle autre passion du quotidien ordinaire.

    Songez un peu : je découvrais une oasis où j’avais soupçonné un mirage !
    J’avais flirté avec l’imaginaire et cédais au réel .

    Des saisons passèrent tout au long de nos heures ..
    Printemps ensorcelés, étés partageurs et ravageurs.
    Quand une illusion se concrétise, elle n’est pas avaricieuse !
    Et voilà qu’un automne à l’esprit vieux garçon prit ombrage d’une telle exubérance, et envoya tout promener.
    Oh, que j’ai eu de peine !

    C’était il y a du temps … mais je garde à cette illusion beaucoup de tendresse . 
    Ce matin, j’ai rouvert mes volets sur le brouillard qui s’y est déchiré. Du soleil est revenu jusqu’au fond de ma mansarde.

    Je rêve.. je recommence à rêver . La première illusion qui s’aventure chez moi, je la capture, je la persuade et l’hypnotise.. Sûr que le bonheur est là… 

    Mais non ! Où avez-vous pris que je délirais ?
    Et quand bien même ?
    Les illusions ne procèdent-elles pas de notre ordinaire ? Et n’en est-il pas de si capiteuses, qu’à la fin elles génèrent nos plus solides réalités ?
    Si vraiment vous trouvez que je déraisonne, alors pardonnez-moi, et passez un beau dimanche ! 
     

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    October 21

    LE MURMURE DE MA VIE

     

     

     

     

     

     

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    est née le 8 octobre à 14 h 25.

     

    Si vous avez lu "Voyage au bout de la Folie", vous comprendrez mieux.

     

    Il s'agit de la fille de mon fils dont la compagne ne me parlait plus depuis six ans. (Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien)

    J'ai pu aller à la maternité trois jours après sa naissance, et c'est le coeur battant, plein de tendresse et d'amour que j'ai découvert ce petit bout.

    Les discussions allaient bon train, le calme et la sérénité semblaient enfin être revenus. Hélas, trois fois hélas, passée l'euphorie de la naissance, mon fils venait, me parlait de son mal être, de sa peur de ne pas être un bon père, de sa nervosité, de la réapparition de ses tocs. Bien évidemment, je lui ai conseillé d'aller voir son psychiatre. Il a tant de revanches à assouvir et surtout acquérir une certaine estime de lui-même.

     

    Chaque fois qu'il est mal, il me rejoint, il me parle, il vide son coeur et ses tripes, mon écoute est importante et je parle peu. Personne ne m'a demandé de revoir cette petite fille, je n'ai rien demandé.

     

    Hier, j'ai commis une boulette. Guillaume est venu me voir. Il recevait ce jour son père et sa belle-mère qui lui ont fait tant de mal. Lorsqu'il raconte, je lui dis qu'on ne refait pas l'histoire et qu'il doit avancer. Maix, eux sont présents, dans sa vie, chez lui.

     

    Et soudain, lorsqu'il m'a annoncé que je ne serais pas admise au baptême, car la femme de son père serait présente et qu'il la respectait, un vent de révolte a soufflé. C'est alors que j'ai dit :" Le partage n'est pas équitable, je revendique ma place, celle de grand-mère, je n'ai pas une vocation de martyre et je ne suis pas le Christ, simplement une femme avec ses faiblesses et de plus, je suis ta mère". Tout ceci avec calme mais en articulant chacune de mes paroles

     

     La réplique a été immédiate : "tu te comportes comme une gamine, tu es toujours jalouse de cette femme (il a raison), tu ne m'aides pas maman en agissant ainsi, tu me culpabilises alors que je n'en ai pas besoin. Nous avons décidé que nos mères ne viendraient pas chez nous et nous agissons comme nous l'entendons. Je  vais finir par rayer toute la famille et ne conserver que mes amis (je m'en moque, au moins tout le monde est logé à la même enseigne), tu me fais du mal maman, tu ne me respectes pas, tu m'agresses".

     

     Je n'ai pas crié, je n'ai pas grondé, je l'ai laissé parlé, j'ai présenté mes excuses, redoutant une réapparition de ses troubles psychiques et depuis mon coeur saigne, et mes yeux pleurent !

     

    Je ne sais plus quoi faire, si, sans doute m'effacer, le laisser venir lorsqu'il l'entend et attendre, peut-être, la possibilité de voir Laura qui après tout est leur fille.

     

     Le laisser exprimer son malaise et me taire car j'ai peur pour lui.

     

    Le plus dur est de ne pas comprendre.

     

     

    J'ai mal !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

     

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    Élisabeth Créations

    October 05

    OU ET QUI ES TU TOI ? (pour mon fils)

                                                          

     

     

     

    Qui es-tu liberté ?

    Ma liberté est comme une chanson,
    Que chacun peut entendre dans ma maison
    Ma liberté est comme ma pensée
    Que je peux avec plaisir exprimer
    Ma liberté, c’est d’être capable de croire
    En ces choses que je ne peux voir
    Ma liberté c’est ma fièvre de vivre
    Et de pouvoir l’écrire dans un livre
    Ma liberté c’est aussi comme l’orage
    Comme lui, je veux me battre et lutter avec rage
    Ma liberté c’est mon désir, mon vouloir
    Sans limites, ni contraintes, ni devoirs
    Ma liberté c’est de pouvoir donner mon amour
    Quand, à qui et comme je le veux tous les jours
    Ma liberté, c’est ma lutte, mon combat
    Pour vivre mon bonheur dans le monde ici bas
    Ma liberté c’est de pouvoir penser
    Avoir des idées, les chanter, les exprimer
    Ma liberté c’est de m’évader parfois
    En rêve, retrouver mon autrefois
    Ma liberté, c’est de vivre ma vie
    Et des hommes éviter les folies

    Et pourtant….!!!!

    Je n’ai plus de liberté,
    Je vis enchaînée au temps, au passé
    Je vis face au miroir de l’indifférence
    Je ne vis pas, je meurs d’absence
    Je meurs d’un manque d’être aimé
    Je meurs, d’être sans cesse repoussée
    Je cherche en vain le chemin
    Pour sortir de l’oubli, du chagrin
    Pour de ma prison m’évader
    Pour me retrouver libérée
    Pour te retrouver liberté

     

     

     

    October 02

    LA BEAUTE - CELLE QUI SE VOIT

     

     

                                                                                                   

     

    La beauté


    J'aime observer les passagers qui montent dans le bus.
    Avec un peu d'imagination et de sens critique, on peut
    facilement reconnaître en chacun une partie de leur vie
    ou une qualité qu'ils possèdent de manière évidente.

      Par exemple, cette dame dans sa robe flottante et ses
    escarpins blancs, un ibiscus rouge transperce ses longs
    cheveux bruns ramenés en un chignon frisottant sur sa
    nuque droite…

     

    Elle a un goût sûr et simple. Elle sourit en lisant.
    Elle doit avoir un grand cœur et beaucoup de finesse.
    Elle est généreuse en amour.

     

    Et cet homme avec son petit chapeau, son veston
    discret mais impeccable, sa mine avenante et son pas
    digne…

     

    Sa femme lui reproche parfois d'être un peu terre à
    terre mais il est certainement plein de bon sens, on
    peut compter sur lui en n'importe quelle occasion, ça
    saute aux yeux !

     

    Une fois pourtant, je n'ai pu m'empêcher de
    plaindre cette femme:


    Une paire de talons aiguilles et des jambes interminables un corps splendide mais un port de tête hautain.

     

    Elle monte dans le bus et jette un regard
    dédaigneux sur les autres passagers qui arrêtent
    subitement leurs conversations. 


      Je me suis fait la réflexion suivante : cette femme est belle et on ne voit d'elle que sa beauté. Si éclatante et évidente qu'elle voile toutes les autres qualités qu'elle pourrait posséder.


      Est-elle intelligente, douce ou sensible ?

    Je ne sais pas, car comme les autres passagers, je ne
    vois que ses jambes, ses lèvres et ses grands yeux.


    Elle se protège, ne s'autorise pas à être tout
    simplement elle-même. Une trop grande beauté extérieure peut cacher ce que nous possédons à l'intérieur.


    Nous qui nous plaignons de ne pas être beaux ou
    parfaits comme les icônes télévisuelles, nous devrions
    songer que plus on est beau, plus on doit faire
    d'effort pour montrer qu'on possède aussi d'autres
    qualités, des qualités humaines.

     

      La beauté, contrairement à ce qu'on croit souvent,
    peut être un sérieux handicap. Elle ferme davantage de
    coeurs qu'elle n'en ouvre.